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Si, en venant à Bel-Abbès, vous aviez oublié que la ville était la Maison Mère de la Légion Étrangère, le nombre des képis blancs rencontrés vous le rappelait vite. Les quartiers Vienot, Prudon et Yusuf occupaient un vaste espace sur lancienne route de Tlemcen et donnaient à cette partie de la ville un caractère particulier. La population militaire était logée dans les casernements, ou dans les villas construites à lintention des officiers sur le pourtour de lancien champ de manoeuvre.
Plus dun légionnaire sinstalla en ville à la fin de son temps; âgés et célibataires,
ils se regroupaient à la maison de retraite de la Légion.
La Légion est toujours restée le grand amour des Bel-Abbésiens, puis son espoir et son ultime recours pendant les années noires de la fin... La Légion nest plus à Bel-Abbès et les Pieds-Noirs non plus...
Elle avait déjà onze ans dexistence quand un de ses camps devint le berceau de la future ville de Sidi-Bel-Abbès. Cest en 1840, afin de jalonner la route vers le Sud, quon décida dinstaller un terrain de bivouac non loin du marabout de Sidi-Bel-Abbès. En 1843, le général Bedeau prescrivit la construction dun véritable poste qui prit le surnom de Biscuitville. Quatre ans plus tard, le gouvernement ayant décidé la création dune ville, le capitaine Prudon présenta un plan : une enceinte fortifiée entourant un terrain de 42 hectares coupé de larges rues. La moitié serait réservée aux casernements, tandis que le reste serait loti pour les candidats à linstallation dans cette ville nouvelle. Jusquen 1856, ce furent les légionnaires qui assurèrent seuls la construction ainsi que la vie de Sidi-Bel-Abbès et des bourgs environnants.
Quand ladministration militaire remit aux civils la charge de la ville, celle-ci était déjà une cité presque achevée et prospère. Jusquà 1962, lentente ne cessa de régner, resserrant les sentiments de confiance et damitié des habitants.
Le quartier Vienot de Sidi-Bel-Abbès, devenu la plaque tournante de la Légion, vit passer tous les légionnaires nouvellement engagés, ceux en instance daffectation, et tous les libérables. Les légionnaires, non contents davoir fondé la ville, la firent vivre jusquau bout.
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